Jeux des îles 2027 : les Comores face à la course contre la montre

À moins d’un an des Jeux des îles de l’océan Indien 2027, les Comores entrent dans une période décisive. Pour la première fois de leur histoire, elles doivent accueillir cette grande compétition régionale. Une occasion historique, mais aussi un immense défi.

À mesure que l’échéance approche, plusieurs interrogations persistent. Les infrastructures seront-elles terminées à temps ? Le pays pourra-t-il garantir l’eau et l’électricité nécessaires au fonctionnement des Jeux ? Les transports seront-ils capables d’absorber l’arrivée de milliers de participants ? Et surtout, les sportifs comoriens seront-ils suffisamment préparés pour défendre les couleurs nationales à domicile ?

Des infrastructures dans une course contre la montre

Le premier défi est visible : celui des chantiers.

Le village des Jeux de Moindzaza Djoumbé constitue l’un des projets majeurs. Il doit accueillir plusieurs milliers d’athlètes et de membres des délégations. Outre les logements, le site nécessite des routes, des réseaux d’assainissement ainsi que des installations permettant son alimentation en eau et en électricité.

À Mitsoudjé, la piscine olympique et le gymnase omnisports figurent également parmi les équipements essentiels à la tenue des compétitions.

Les travaux sont engagés, mais le calendrier devient de plus en plus serré. Il ne suffira pas de terminer les bâtiments quelques jours avant l’arrivée des délégations. Les installations devront être équipées, testées et mises aux normes avant leur utilisation.

Chaque retard réduit donc la marge disponible pour corriger d’éventuelles défaillances.

Les autorités affichent leur confiance et les inspections du Comité international des Jeux ont permis de constater des avancées. Mais les prochains mois seront déterminants. Les Comores doivent désormais passer rapidement des projets et des chantiers à des infrastructures pleinement opérationnelles.

L’enjeu est également financier. Une accélération des travaux à l’approche de l’échéance peut entraîner des coûts supplémentaires. La priorité devra donc être de terminer dans les délais sans sacrifier la qualité et la sécurité.

Eau, électricité et transports : l’autre grand défi

Une fois les infrastructures construites, encore faut-il pouvoir les faire fonctionner.

La question de l’eau est particulièrement importante. Les difficultés d’approvisionnement font déjà partie du quotidien d’une partie de la population. Avec les Jeux, la consommation augmentera considérablement.

Le village des athlètes devra disposer d’eau en permanence. Il faudra également répondre aux besoins des hôtels, restaurants, sanitaires, structures médicales et installations sportives.

La future piscine olympique constitue un exemple évident. Il faudra non seulement remplir le bassin, mais aussi traiter et renouveler l’eau dans les conditions nécessaires à une compétition sportive.

L’électricité constitue l’autre point sensible.

Une grande compétition sportive ne peut fonctionner au rythme des coupures. Éclairage des stades et des salles, chronométrage, informatique, télécommunications, équipements médicaux, restauration et sécurité dépendent tous d’une alimentation électrique fiable.

Les organisateurs devront donc disposer de solutions de secours suffisamment solides pour éviter qu’une panne ne perturbe une compétition ou l’hébergement des délégations.

À ces deux difficultés s’ajoutent les transports.

Des milliers de personnes devront circuler quotidiennement entre le village des Jeux, les hôtels, les sites d’entraînement et les lieux de compétition. Cette circulation supplémentaire mettra les routes et l’organisation des transports sous pression.

Les liaisons entre les îles devront également être prises en compte. L’arrivée annoncée du navire MASSIWA en 2027 pourrait apporter une nouvelle solution pour le transport maritime, à condition qu’il soit opérationnel suffisamment tôt.

Les Jeux deviennent ainsi un test grandeur nature pour les services essentiels du pays. Construire de nouvelles infrastructures est une chose ; être capable de les alimenter et de les faire fonctionner quotidiennement en est une autre.

Détecter et préparer les jeunes : les Jeux ne se gagneront pas avec du béton

Le troisième défi est peut-être moins visible, mais il est tout aussi important : où sont les futurs champions comoriens de 2027 ?

Pendant que les regards se concentrent sur les chantiers, une autre course contre la montre doit avoir lieu dans les clubs, les écoles et les fédérations sportives.

La détection des jeunes talents doit devenir une priorité.

Les Comores disposent d’une population jeune, mais tous les sportifs prometteurs ne sont pas nécessairement intégrés dans les structures fédérales. Certains pratiquent dans les clubs locaux, d’autres dans les établissements scolaires ou simplement dans leurs villages et quartiers.

Grande Comore, Anjouan et Mohéli doivent être concernées par cette recherche de talents.

Des compétitions locales puis inter-îles pourraient permettre d’identifier les meilleurs jeunes dans différentes disciplines. Les fédérations devront ensuite leur proposer un véritable programme de préparation.

Car détecter un jeune ne suffit pas.

Pour espérer rivaliser avec les sportifs de La Réunion, Maurice, Madagascar, les Seychelles, les Maldives ou les autres délégations participantes, les athlètes comoriens auront besoin d’entraînements réguliers, d’encadreurs qualifiés, de matériel, d’un suivi médical et d’une préparation physique adaptée.

Ils devront surtout participer à des compétitions avant les Jeux.

Un athlète peut avoir du talent, mais il est difficile de découvrir la compétition de haut niveau directement devant son public lors des Jeux des îles.

La diaspora pourrait également constituer un réservoir de sportifs. Des jeunes d’origine comorienne évoluent dans des clubs à l’étranger. Lorsqu’ils remplissent les conditions nécessaires pour représenter le pays, certains pourraient renforcer les sélections nationales.

Ce travail de repérage doit cependant être réalisé suffisamment tôt pour permettre leur intégration dans les équipes.

L’objectif ne doit pas être uniquement d’organiser de beaux Jeux. Les Comores doivent aussi être sportivement au rendez-vous.

À domicile, les attentes seront importantes. Le public voudra naturellement voir ses athlètes monter sur les podiums.

Les Jeux de 2027 représentent donc une occasion de poser les bases d’une politique sportive qui dépasse la compétition elle-même.

Les infrastructures resteront après la cérémonie de clôture. La piscine, les gymnases et les autres équipements pourront servir pendant des années.

Mais leur véritable héritage dépendra aussi de la capacité du pays à former une nouvelle génération de sportifs.

À moins d’un an de l’événement, les Comores doivent donc mener trois batailles simultanément : terminer les infrastructures, garantir les services essentiels et préparer leurs athlètes.

Le compte à rebours est lancé. Désormais, chaque mois compte.