Jeux des Îles 2027 : aux Comores, le silence inquiète

À mesure que 2027 approche, un malaise s’installe. Les Jeux des Îles de l’océan Indien arrivent, et pourtant, aux Comores, rien ne bouge vraiment. Pas d’effervescence, pas de débat public, pas même les premiers symboles d’un pays qui se prépare à accueillir un grand rendez-vous régional. Le temps passe, et le silence devient pesant.

À moins de deux ans de l’événement, une question revient dans les discussions informelles, sur les réseaux, dans les cafés : sommes-nous réellement prêts ? Pour l’instant, la réponse ne rassure personne.

Un logo qui aurait dû déjà exister

Dans ce genre d’événement, tout commence par des gestes simples mais forts. Un logo, par exemple. Un concours national, ouvert aux jeunes, aux créateurs, aux écoles, aurait pu lancer la dynamique, créer un premier attachement populaire aux Jeux. Or, à ce jour, aucun concours de logo des JIOI Comores 2027 n’a été officiellement lancé. Ce détail en dit long.

Ce n’est pas qu’une question de graphisme. C’est une question de symbole, de message envoyé à la population : “ces Jeux sont aussi les vôtres”. Pour l’instant, ce message n’est pas passé.

Le COJI et l’État doivent sortir de leur réserve

Le COJI, tout comme l’État, ne peuvent plus se contenter de réunions discrètes et de déclarations vagues. Organiser les Jeux des Îles, ce n’est pas seulement rénover des stades ou cocher des lignes budgétaires. C’est embarquer tout un pays dans une aventure collective.

Aujourd’hui, on ne sent ni cap clair, ni urgence, ni volonté affichée de mobiliser la population. Cette absence de visibilité nourrit le doute et fragilise la crédibilité du pays auprès des partenaires régionaux.

Une occasion historique… mais fragile

Les Jeux des Îles sont une chance rare pour les Comores : mettre en lumière leur jeunesse, renforcer leur place dans la région, montrer qu’elles peuvent relever un défi d’envergure. Mais une telle opportunité peut aussi se retourner contre son hôte si elle est mal préparée.

Le temps des attentes silencieuses est révolu. Le COJI et l’État doivent désormais bouger — vraiment. Communiquer, associer la population, poser des actes concrets, commencer par ce qui est simple et visible. Sans cela, 2027 risque d’arriver trop vite, et les Comores de passer à côté d’un moment qui aurait dû les rassembler.

L’horloge tourne. Et elle ne fait pas de bruit.