M’Madi Hassani : “Les Comores doivent arrêter de gouverner à vue”


20 août 2026

M’Madi Hassani : « Après 51 ans d’indépendance, les Comores doivent passer des promesses aux résultats »

Secrétaire national et porte-parole de Naribarikishe Yi Komori (NYK) répond à nos questions sur la vie politique et son partie.

Monsieur M’Madi Hassani, vous êtes secrétaire national et porte-parole de Naribarikishe Yi Komori. Quel regard portez-vous aujourd’hui sur la situation des Comores après 51 ans d’indépendance ?

Après 51 ans d’indépendance, il faut avoir le courage de regarder notre pays avec lucidité. Les Comores ont connu des périodes d’instabilité, des crises politiques, des changements de régime, des promesses et beaucoup de rendez-vous manqués. Mais aujourd’hui, nous devons surtout nous poser une question : où voulons-nous emmener notre pays ?

Le problème des Comores n’est pas seulement celui des hommes qui se succèdent au pouvoir. C’est aussi celui de l’absence d’une véritable vision nationale, d’une planification à long terme et d’une culture politique fondée sur l’évaluation des résultats. C’est précisément cette situation que Naribarikishe Yi Komori veut contribuer à changer.

Vous évoquez régulièrement les dix années de pouvoir d’Azali Assoumani et de la CRC. Quel est votre bilan de cette période ?

Dix ans, c’est suffisamment long pour demander des comptes. Ce qui nous interpelle, c’est qu’après dix années, les promesses continuent de pleuvoir comme si le pays venait tout juste de changer de dirigeants. 

À chaque remaniement, nous retrouvons le même scénario : un nouveau ministre, un nouveau directeur, une nouvelle équipe et surtout… de nouvelles promesses. Comme si chaque nomination permettait de repartir de zéro. Mais non.

Un remaniement n’est pas un nouveau mandat. Un nouveau visage ne constitue pas un nouveau bilan.

Après dix ans, la question n’est donc plus : « Qu’avez-vous promis ? »

La question est beaucoup plus simple : « Qu’avez-vous réalisé ? »

Quels sont, selon vous, les principaux indicateurs permettant de juger un gouvernement ?

Il faut sortir des slogans et regarder la vie réelle des Comoriens.

  • Combien d’emplois durables ont été créés ?
  • Combien de jeunes ont trouvé une véritable perspective ?
  • L’accès à l’eau, à l’électricité et aux soins s’est-il réellement amélioré ?
  • Nos écoles fonctionnent-elles mieux ?
  • Nos hôpitaux répondent-ils aux besoins de la population ?
  • Notre agriculture est-elle devenue plus productive ?
  • Nos infrastructures répondent-elles réellement aux besoins du pays ?
  • La vie des walimadji, des wakazi, des walozi, des rayia mhuu na mtiti s’est-elle améliorée ?
  • Et surtout : l’argent public est-il géré avec suffisamment de transparence et de rigueur ?

Voilà les véritables indicateurs. Un pays ne se développe pas avec des discours.

Il se développe avec des résultats.

Vous êtes très critique à l’égard de la politique des promesses. Est-ce à dire que rien n’a été réalisé durant ces dix années ?

Non. Il faut être honnête. Lorsqu’un gouvernement réalise quelque chose de positif, il faut savoir le reconnaître. Mais reconnaître une réalisation ne signifie pas donner un chèque en blanc au pouvoir.

Et critiquer le gouvernement ne signifie pas être contre son pays. Nous devons justement sortir de cette logique où toute critique est immédiatement considérée comme une attaque politique.

Notre pays appartient aux Comoriens.

Il n’appartient ni à un parti, ni à un clan, ni à un homme. Notre responsabilité citoyenne est de juger les dirigeants sur leurs actes, leurs résultats et leur capacité à améliorer concrètement la vie de la population.

Parlons maintenant de la justice. C’est un sujet qui revient régulièrement dans le débat politique comorien. Quelle est votre position ?

La justice est au cœur de l’État de droit. Elle devrait être le refuge du citoyen et le dernier rempart contre l’arbitraire, la corruption et les abus de pouvoir. Elle ne doit jamais donner le sentiment d’être utilisée pour traquer, intimider ou neutraliser des adversaires politiques. Nous voulons une justice qui poursuive les fraudeurs, les corrupteurs, les détourneurs de fonds publics, les auteurs de violences et toutes les personnes qui commettent des infractions, quel que soit leur statut, leur parti ou leur proximité avec le pouvoir. 

  • Si un opposant commet une infraction, qu’il soit jugé.
  • Si un ministre commet une infraction, qu’il soit jugé.
  • Si un directeur détourne de l’argent public, qu’il soit jugé.
  • Si un proche du pouvoir est accusé de faits graves, il doit pouvoir répondre devant la justice.
  • Et lorsqu’un citoyen ordinaire est victime d’une injustice, il doit pouvoir obtenir réparation.

La même loi pour tous.

La justice ne doit pas demander : « De quel camp es-tu ? »

Elle doit demander : « Qu’as-tu fait ? »

Une justice forte n’est pas celle qui fait peur aux opposants. Une justice forte est celle qui fait peur à l’injustice. Vous dites que les Comores ont besoin d’une véritable alternative.

Que propose Naribarikishe Yi Komori ? 

Naribarikishe Yi Komori, c’est précisément cette volonté de construire une alternative. 

Nous ne voulons pas simplement remplacer des personnes par d’autres.

Nous voulons changer la méthode de gouvernance, la vision et la culture politique.

NYK porte un projet de société et un programme politique ambitieux, avec une ambition claire :

REMETTRE LES COMORES SUR LES RAILS.

  • Nous voulons un État qui planifie, qui travaille, qui contrôle, qui évalue et qui rend des comptes.
  • Nous voulons investir dans l’éducation, faire de la connaissance un véritable moteur du développement et donner à notre jeunesse des perspectives.
  • Nous voulons moderniser l’agriculture, soutenir les entrepreneurs, valoriser nos ressources et construire une économie capable de créer des emplois.
  • Nous voulons renforcer notre système de santé.
  • Nous voulons des infrastructures adaptées aux besoins de la population.
  • Nous voulons une administration efficace et une justice indépendante.
  • Nous voulons également donner à notre diaspora une véritable place dans le développement national.

Vous parlez d’un projet de société. Quelle est concrètement votre vision pour les Comores ?

Notre vision repose sur une idée simple :

Les Comores doivent arrêter de gouverner à vue. Nous avons besoin d’une vision nationale à 10, 20 et 30 ans. Cette vision doit définir des objectifs précis, des priorités, des moyens, des responsabilités et surtout des résultats mesurables. Nous devons savoir où nous voulons être dans dix ans, dans vingt ans et dans trente ans. Nous devons également être capables de mesurer chaque année ce qui a été fait et ce qui ne l’a pas été.

C’est cela, la bonne gouvernance. Planifier. Agir. Évaluer. Corriger. Rendre des comptes.

Certains pourraient vous répondre que tous les partis politiques font des promesses. Qu’est-ce qui différencie NYK ?

La différence doit être dans la méthode. Nous ne voulons pas demander aux Comoriens de croire simplement à des paroles. Nous voulons leur présenter un projet de société, un programme, des priorités et une méthode de mise en œuvre. Nous voulons que les citoyens puissent demain nous demander :

« Vous aviez promis cela. Qu'avez-vous réalisé ? »

Et nous devrons répondre. Parce que nous voulons justement construire une culture politique dans laquelle les dirigeants sont responsables devant le peuple.

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Quel message adressez-vous à la jeunesse comorienne ?

Je veux dire à notre jeunesse : ne renoncez pas à votre pays. Vous avez le droit d’espérer. Vous avez le droit d’exiger une école de qualité, un emploi, une formation, des infrastructures, un environnement économique favorable et un avenir digne. Nous devons faire en sorte que le jeune Comorien ne soit plus obligé de penser que son avenir se trouve nécessairement ailleurs. Notre jeunesse doit devenir une force de transformation du pays.

Mais pour cela, il faut lui donner une place, des responsabilités et surtout des perspectives.


Et quel message adressez-vous à la diaspora ?

La diaspora est une partie intégrante de la nation comorienne. Elle possède des compétences, une expérience, des réseaux, des capitaux et surtout une connaissance de notre pays et du monde. Nous devons sortir d’une situation où la diaspora est sollicitée uniquement lorsqu’il faut envoyer de l’argent ou soutenir un projet ponctuel. Elle doit être associée à la réflexion, à l’investissement, à la formation, à l’innovation et à la construction du pays.

La diaspora doit être un partenaire stratégique du développement des Comores.


Quel est finalement le message de Naribarikishe Yi Komori aux Comoriens ?

Notre message est simple.

Après 51 ans d’indépendance, nous ne devons plus nous contenter de subir notre histoire.

Nous devons construire notre avenir.

Nous devons passer :

des promesses aux résultats,
des slogans aux projets,
de l’improvisation à la planification,
de la partisanerie à l’intérêt général,
de la résignation à l’ambition.

Naribarikishe Yi Komori veut porter cette alternative.

Une alternative fondée sur un projet de société, une vision nationale et un programme politique.

Nous ne prétendons pas avoir toutes les réponses.

Mais nous sommes convaincus d’une chose :

les Comores ont le potentiel de réussir.

Ce qui nous manque, ce n’est pas le talent.

Ce qui nous manque, c’est une véritable vision nationale, une organisation efficace, des institutions solides et une volonté politique au service de l’intérêt général.

NARIBARIKISHE YI KOMORI — RENAÎTRE L’ESPOIR

Moins de promesses. Plus de preuves.
Moins de slogans. Plus de résultats.
Moins de partisanerie. Plus de vérité.
Moins de communication. Plus d’action.

Les Comores ne doivent plus subir leur histoire.

Elles doivent désormais construire leur avenir.

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